La bataille de Stalingrad (suite et fin)

La seconde partie de l’exercice sur la bataille de Stalingrad consistait à s’intéresser aux idéologies soutenues par les deux camps, le camp nazi d’un côté et le camp soviétique de l’autre.

Question 2. Deux idéologies s’opposent radicalement pendant cette bataille de Stalingrad, et plus généralement pendant la Seconde Guerre mondiale. La totale opposition de ces idées politiques explique pourquoi les deux camps veulent se détruire totalement.

A l’aide des documents, énumérez les raisons qui poussent les Nazis à vouloir l’anéantissement de l’ennemi soviétique et les raisons qui poussent les Soviétiques à vouloir l’anéantissement des Nazis.

Les raisons expliquant, chez les Nazis, la volonté d’anéantissement de l’ennemi soviétique

Les raisons expliquant, chez les Soviétiques, la volonté d’anéantissement de l’ennemi nazi

Les Nazis considèrent les Soviétiques comme une sous-race, celle des Slaves, indigne de vivre. Ils croient que les Soviétiques, mais aussi les Chinois, cherchent à exterminer les Européens, et particulièrement la race aryenne.

L’anticommunisme de Hitler permet de comprendre la volonté de l’Allemagne nazie d’anéantir l’URSS. L’idéologie communiste s’oppose radicalement à l’idéologie nazie sur de nombreux points. Le communisme de Staline vise à établir une société égalitaire ; Hitler est fondamentalement anti-égalitariste, puisqu’il croit à l’existence des races supérieures et de guides (en allemand : Führer). Le communisme est internationaliste, et donc antinationaliste ; Hitler défend un nationalisme allemand outrancier et guerrier, visant la mise en place d’un « espace vital » étendu à l’Europe de l’Est (et donc incluant tout l’ouest de l’URSS).

Pour les Soviétiques, la bataille contre Hitler et ses troupes est vécue comme une question d’honneur, de courage, de respect de la patrie et de son intégrité. Parmi les Soviétiques, « les paniqués et les lâches devraient être exterminés sur place », écrit Staline dans un décret du 28 juillet 1942.

La propagande soviétique présente les Nazis comme un ennemi à écraser, à détruire, à balayer.

 

Grâce aux réponses précédentes, il est possible de rédiger un développement construit complet répondant à ce sujet :

Rédigez un développement construit décrivant et expliquant pourquoi la Seconde Guerre mondiale est considérée comme une guerre d’anéantissement. Dans votre développement, vous vous appuierez sur l’exemple de la bataille de Stalingrad.

[Consignes : après avoir construit et rédigé votre introduction, permettant de comprendre sur quoi porte votre texte et annonçant votre plan, vous rédigerez deux parties :

  • la première sur les dimensions matérielles et humaines de la guerre d’anéantissement ;
  • la seconde sur les dimensions politiques et idéologiques de la guerre d’anéantissement, en n’oubliant pas l’importance de la propagande.

Dans votre conclusion, vous résumerez votre réponse à la question que vous avez posée en introduction et rappellerez le bilan humain totale de la Seconde Guerre mondiale

Voici la correction de ce sujet.

La Seconde Guerre mondiale qui a opposé, pendant six longues années, deux alliances militaires, l’Axe (Allemagne et Japon principalement) et les Alliés (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, la résistance française, principalement), est considérée comme une guerre d’anéantissement.

Une guerre d’anéantissement est un affrontement qui a pour objectif de détruire totalement l’adversaire, sans faire de différence entre les militaires et les populations civiles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, aucun des camps ne souhaite simplement affaiblir l’autre ou l’empêcher de remporter la guerre : chacun des camps veut la destruction absolue de l’ennemi.

La bataille de Stalingrad qui démarre en septembre 1942 et se termine en février 1943 est un bon exemple de cette volonté d’anéantir l’ennemi. A partir de 1941, Hitler décide d’envahir l’URSS. En septembre 1942, il vise la « ville de Staline », Stalingrad, située dans le sud-ouest de l’URSS, le long de la rive ouest du fleuve la Volga.

Pourquoi peut-on dire que cette bataille qui a opposé les armées de l’Axe contre l’armée et la population soviétiques témoigne de la volonté d’anéantissement présente dans les deux camps pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Dans la première partie, nous verrons que les caractéristiques matérielles et humaines de la bataille de Stalingrad reflètent une volonté d’anéantissement. Dans la seconde partie, nous soulignerons la dimension idéologique de cet affrontement, à l’origine de cette obsession : détruire l’Autre totalement.

Les caractéristiques matérielles et humaines de la bataille de Stalingrad permettent de comprendre que chacun des camps souhaite l’extermination et la destruction de l’autre.

D’abord, en assiégeant Stalingrad, les troupes nazies ne s’attaquent pas seulement à l’armée soviétique, mais aussi aux populations civiles de la ville de Staline, à leurs maisons, à leurs usines, à leurs réserves de nourriture. La bataille de Stalingrad n’est pas une bataille militaire comme les autres : les civils soviétiques sont aux côtés de l’armée rouge, ils prennent aussi les armes, refusent de se rendre. Ils « se battent avec un désespoir de bêtes féroces », comme l’écrit un soldat nazi en 1942.

Ensuite, les armes utilisées sont destructrices. Les chars, les avions militaires et les canons de la Wehrmacht, puis ceux de l’armée rouge détruisent presque entièrement la ville. A la fin des six mois de combats, la bataille n’a laissé presque aucun immeuble debout, ni aucun mur. Le sol est entièrement recouvert de ruines.

Enfin, le nombre de soldats de l’Axe mobilisés dans cette bataille témoigne de la volonté d’anéantir l’ennemi soviétique. Le bilan humain est terrible : plus d’un million de Soviétiques, civils et militaires, et plus de 700 000 soldats de l’Axe sont tués.

La dimension idéologique de cette bataille permet de comprendre d’où vient cette volonté d’anéantissement dans chacun des camps de la Seconde Guerre mondiale.

D’abord, l’opposition extrême entre l’idéologie nazie et l’idéologie stalinienne encourage l’engagement des soldats et de la population. Côté nazi, Hitler considère les Soviétiques comme une sous-race, celle des Slaves, indigne de vivre. Il croit – et fait croire à sa population – que les Soviétiques, mais aussi les Chinois, cherchent à exterminer les Européens, et particulièrement la race aryenne. Côté soviétique, Staline présente la bataille contre Hitler et ses troupes comme une question d’honneur, de courage, de respect de la patrie et de son intégrité. Parmi les Soviétiques, « les paniqués et les lâches devraient être exterminés sur place », écrit Staline dans un décret du 28 juillet 1942.

Ensuite, plus précisément, l’anticommunisme de Hitler permet de comprendre la volonté de l’Allemagne nazie d’anéantir l’URSS. L’idéologie communiste s’oppose radicalement à l’idéologie nazie sur de nombreux points. Le communisme de Staline vise à établir une société égalitaire ; Hitler est fondamentalement anti-égalitariste, puisqu’il croit à l’existence des races supérieures et de guides (en allemand : Führer). Le communisme est internationaliste, et donc antinationaliste ; Hitler défend un nationalisme allemand outrancier et guerrier, visant la mise en place d’un « espace vital » étendu à l’Europe de l’Est (et donc incluant tout l’ouest de l’URSS).

Enfin, l’usage dans les deux camps de la propagande explique que les populations civiles comme les soldats soient entièrement convaincus d’avoir raison. Les affiches de propagande en URSS, comme en Allemagne nazie, les discours de Hitler, ceux de Staline, les films et les journaux sont au service de la même cause : transformer l’adversaire en monstre dans l’esprit des civils et des militaires, avant de l’anéantir physiquement sur les champs de bataille.

On peut donc bien dire qu’en effet, la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a été une guerre d’anéantissement. Comme en témoigne la bataille de Stalingrad, les populations civiles sont visées (qu’il s’agisse des femmes, des enfants ou des personnes âgées), les armes engagées sont destructrices (elles ne permettent pas seulement d’infliger des blessures graves ou de tuer, mais elles servent à ne laisser que des champs de ruines et à massacrer), le bilan humain est terrible. D’autres exemples de la Seconde Guerre mondiale pourraient également montrer la volonté d’anéantir l’ennemi : le génocide des juifs et des tziganes voulu par Hitler, les bombes atomiques larguées en août 1945 par les États-Unis à Hiroshima et Nagasaki (Japon).

La Seconde Guerre mondiale est une guerre d’anéantissement car elle s’appuie sur deux idéologies radicalement opposées. Comme le nazisme et le stalinisme s’opposent pendant la bataille de Stalingrad, l’idéologie défendue par le camp des Alliés est contraire à celle défendue par l’Axe pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Aucun des camps ne considère qu’il est possible de passer un accord avec l’ennemi ou de faire des concessions : l’Autre doit être détruit car il représente le mal absolu. Cette volonté d’anéantissement qui caractérise la Seconde Guerre mondiale se retrouve dans son bilan humain : avec soixante millions de morts, autant de militaires que de civils, jamais dans l’histoire une guerre n’a été aussi meurtrière.